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Ce que j'ai compris de l'histoire Amine Jaafari, d'origine palestinienne, est chirurgien en Israël. Il est parfaitement intégré, respecté de ses collègues. Sa vie de couple semble heureuse. Tout bascule quand il apprend que sa femme vient de se faire exploser dans un restaurant, tuant hommes, femmes et enfants. Amine Jaafari va tenter de comprendre pourquoi sa femme en est arrivée à cet acte sans qu'il ne se rende compte de quoi que ce soit. Tout d'abord sa recherche est égocentrée : il reproche surtout à sa femme et aux personnes qui l'ont entrainée dans cette voie d'avoir brisé son couple, sa carrière, sa vie. Puis au fur et à mesure de ses recherches, Amine Jaafari va rencontrer des acteurs de la lutte palestinienne. Même s'il n'accepte pas les méthodes, ni même nécessairement les objectifs de la lutte, Amine Jaafari en vient à redécouvrir le monde maintenant ravagé qu'il a quitté pour suivre sa propre voie d'intégration. On comprend que Amine Jaafari, tout comme son père, artiste, est un rêveur qui s'accroche à son monde-bulle et qui refuse toute incursion du monde réel dans cet univers : jusqu'au bout il va chercher à convaincre les personnes choisissant le sacrifice-kamikaze de renoncer à leur choix.
Ce que j'en pense l'évolution du personnage est convaincante, peut-être parce qu'elle est mesurée : même si Amine Jaafari évolue beaucoup, il reste lui-même accroché à ses convictions profondes (celles d'un chirurgien opposé à la mort) et agit en conséquence (discussions houleuses avec l'imam, les combattants, course contre la montre pour empêcher un attentat suicide). Yasmina Khadra parvient aussi grâce à un style miroir ou le début est strictement rappelé à l'identique à la fin, à décrire l'horreur des massacres comme identique tant du côté palestinien que du côté israélien : la violence d'une bombe dans un restaurant ou d'une roquette tirée à partir d'un drone dans la foule sont tout aussi aveugles et atroces en ce qui concerne la destruction des corps. Pourtant, tout comme le chirurgien, le dialogues avec les acteurs de la lutte me laisse sur ma faim. En effet, pou eux, se faire tuer dans un restaurant en tuant d'autres personnes est un acte de bravoure. Je comprend bien le point de vue suivant : face à l'injustice (privation du pays), certains choisissent de résister, donc de mourir pour la cause. Cela fait écho à ma culture occidentale et classique (les deux guerres mondiales, la résistance, le débarquement des alliés, le sacrifice de spartiates des Thermopyles...). Je comprend la bravoure qu'on peut dans le combat et le sacrifice pour le bien des autres, ses idées (même si je n'oublie pas la laideur qui est associée à ce combat). En revanche, on parle aussi de bravoure pour un attentat-suicide, on parle de fierté. Oui il y a courage puisque on accepte d'arrêter sa propre vie, qui plus est, par la destruction totale de son corps ; mais je ne comprend pas que ces combattants ne fassent pas la différence entre jeter sa voiture contre des militaires (d'autres combattants) et tuer des civils (encore ma culture dans laquelle la guerre est montrée comme nécessaire, mais tout meurtre de civil est considéré comme odieux, surtout s'il s'agit d'un enfant). Par ailleurs, l'Histoire nous apprend que le terrorisme (je considère que faire exploser une bombe dans un restaurant, qui n'est pas un objectif militaire, et donc tuer des personnes qui n'ont rien à voir avec le problème, tout cela c'est du terrorisme (voir note à la fin)) est inefficace aussi bien au niveau du matériel (je ne vois pas en quoi la cause indépendantiste Corse a avancé), des masses (attentats aveugles), ou encore ciblé (l'assassinat du PDG de Renault n'a pas stoppé le capitalisme). Alors pourquoi tuer tous ces gens ? A cette question (que Amine Jaafari ne pose d'ailleurs pas, trop égocentré sur son propre drame), le roman ne répond pas. Pour terminer, la forme est efficace (description des destructions humaines et immobilières), mais parfois Yasmina Khadra utilise des métaphores trop romantiques pour moi : dans le roman, le soleil ne se lève jamais, la nuit ne se couche jamais, mais par exemple : « la nuit se prépare à lever camp », « la zébrure purulente fissurant méthodiquement les basques de l'horizon », « c'est une nuit terrassée qui bat en retraite », « le soleil commence à afficher profil bas », « la nuit plie bagage ». Ces métaphores ne me convainquent pas, ne me paraissent pas correspondre à des impressions visuelles. Ce choix trop précieux à mon goût est étonnant, car par ailleurs, l'auteur utilise un vocabulaire populaire (« bousillé », « dégueuler », etc).
Note : que penser alors des bombardements lors d'une guerre ? Je ne les place pas dans le cadre du terrorisme, car malheureusement, lors d'une guerre au sol, les infrastructures des grandes villes deviennent des objectifs militaires. La décision de guerre impose cela, sauf à accepter une guerre très très longue jalonnées d'épisodes comme la bataille de Verdun.
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